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imprimer cet article  Centenaire de la naissance de Dmitri Chostakovitch, grand compositeur russe

Le 25 septembre 1906 - 2006
Dimitri Chostakovitch est né le 25 septembre 1906 à Saint-Pétersbourg, la capitale tsariste. C’est dans cette même ville, alors appelée Petrograd, qu’il a grandi et qu’il a été témoin de la Première Guerre mondiale, des deux Révolutions russes de 1917, des premières années du régime soviétique, de la pauvreté et de la faim provoquées par la guerre civile.

Pendant ses années d’étude, la ville changea encore de nom pour s’appeler Leningrad. C’est là qu’il connut ses triomphes de jeunesse, en tant que compositeur d’opéras d’une modernité provocatricatrice, et de symphonies.

La vie de Dimitri Dimitrievitch Chostakovitch a embrassé la plus grande partie du XX e siècle.

Au milieu de ses triomphes, le compositeur dut également subir de grandes épreuves. En 1936, au sommet de la terreur stalinienne, il fut accusé d’écrire une musique qui offensait les valeurs de la société soviétique. Publiquement critiqué et humilié, il eut de bonnes raisons de croire sa vie en danger. De nombreux autres, à cette époque, furent assassinés ou emprisonnés pour moins que cela. L’année suivante, pourtant, il répondit à ses critiques par l’une de ses œuvres les plus importantes : sa Cinquième Symphonie.

Les trois premiers mouvements de sa Septième Symphonie, la célèbre « Symphonie Leningrad », furent composés en temps de guerre dans sa cité natale, au début du cauchemar sanglant du siège de Leningrad par les Nazis en 1941. Le mouvement final fut terminé durant l’évacuation. Au bout de quelques mois, cette nouvelle symphonie avait été jouée dans le monde entier et symbolisait l’union entre l’Union Soviétique de Staline et les Alliés occidentaux.

Après la Seconde Guerre mondiale, Chostakovitch s’installa à Moscou, où, pendant les dernières années de la tyrannie stalinienne, il fut victime, en 1948, d’une seconde campagne officielle de condamnation publique et d’avilissement. Sujet à des pressions personnelles inquiétantes, il vit beaucoup de ses œuvres les plus importantes interdites de représentation. Pendant ces années, Chostakovitch se dirigea de plus en plus vers l’intimité de la musique de chambre, et tout particulièrement vers le quatuor à corde, forme suprême de la confession dans la tradition classique.

Au milieu des années 50, durant la liberté relative de l’époque Khrouchtchev, la réputation du compositeur changea de nouveau et il devint une figure totémique de la culture soviétique officielle. En fait, à la fin de la décennie, il accepta de rejoindre le Parti Communiste, une décision qui lui valut l’approbation officielle et un nouveau statut, mais qui lui fit perdre la sympathie et le soutien de certains de ses collègues et de ses admirateurs au sein même du monde musical russe. Cette volte-face, combinée au fait que ses dernières années furent accablées par les ennuis de santé et la maladie, contribua à faire de lui, pendant sa vieillesse prématurée, une figure curieusement ambiguë par rapport à sa propre culture, alors même que sa gloire et la popularité de sa musique s’étendaient encore plus largement de par le monde.

La musique des dernières années de la vie de Chostakovitch, dépouillée, mélancolique, insaisissable et imprévisible, reflète sans doute regrets et expériences. Mais, indépendamment de ses liens avec la biographie de son créateur, elle est également une des plus importantes mines spirituelles de son temps. C’est une musique qui ne ressemble à aucune autre, une musique par laquelle on se souviendra de la fin du XX e siècle.

Chostakovitch est mort à Moscou en 1975.

Témoin exemplaire de son temps, Chostakovitch, plus que tout autre créateur, s’est mis tout entier dans son œuvre - une œuvre prolifique, à la fois intransigeante et salutaire pour la Russie soviétique, pays auquel il est resté, malgré tout, viscéralement attaché. La richesse de la création de Chostakovitch est nourrie de tous les drames, de toutes les contradictions de sa vie d’homme et de musicien : « La musique peut être amère, disait-il, elle ne doit jamais être cynique ! »

L’année de Chostakovitch abordera tous les aspects de l’œuvre de Chostakovitch, immense symphoniste et orchestrateur, amoureux de la voix et des textes. Sa musique de chambre, l’une des plus riches du 20e siècle, mais aussi ses partitions moins connues, seront également à l’honneur en 2006.

Avec le recul du temps, le rôle de Chostakovitch s’avère essentiel dans l’essor de la musique en Russie : il reste encore aujourd’hui l’une des références absolues et l’exemple à suivre. Tous les compositeurs de la deuxième moitié du 20e siècle ont envers ce créateur de génie une « dette » artistique évidente, qu’ils soient ses élèves, ses disciples ou ses héritiers spirituels.

CD russes de Chostakovich (Avec Chedrine, Nesterenko..) :


Pour la Russie, c’est CHOSTAKOVITCH qui sera à l’honneur en 2006, pour le CENTIÈME ANNIVERSAIRE DE SA NAISSANCE, avec sa Symphonie n° 15, le Concerto pour violoncelle n° 1 avec Natalia Gutman et les deux Concertos pour violon qui, avec Maxim Vengerov et Gidon Kremer, promettent d’être des moments d’émotion intense.

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