La Commission européenne a décidé d’accorder une aide humanitaire d’un montant de 22,5 millions d’euros afin d’aider les victimes du conflit en cours en Tchétchénie. Il s’agit du premier financement de 2005. Il bénéficiera aux personnes déplacées à l’intérieur du pays, aux groupes vulnérables dans le centre et le sud de la Tchétchénie ainsi qu’aux personnes déplacées en Ingouchie et au Daghestan.
Les fonds sont alloués par la Direction générale de l’aide humanitaire (ECHO), service de la Commission européenne placé sous la responsabilité du Commissaire Louis Michel.
L’assistance aux groupes vulnérables couvrira tous les secteurs : protection, alimentation, produits non alimentaires, eau et équipements sanitaires, santé, logement, enseignement, aide psycho-sociale et éducation aux risques des mine s. Plusieurs programmes seront mis en oeuvre par les agences internationales qui travaillent dans la région. Depuis le début du conflit à l’automne 1999, ECHO a alloué 148 millions d’euros à cette crise, faisant de l’UE le principal donateur dans la région.
Cinq ans après le début de ce conflit, les besoins humanitaires restent importants dans le Caucase du Nord. Près de 200 000 des 800 000 habitants sont toujours déplacés en Tchétchénie et nombre d’entre eux viennent de rentrer d’Ingouchie, après la fermeture des camps qui y avaient été créés.
Les conditions de vie de la population tchétchène sont extrêmement difficiles, surtout à Grozny. Hors de la Tchétchénie, 35 000 personnes sont toujours déplacées en Ingouchie et 10 000 autres au Daghestan, la plupart d’entre elles vivant dans d’affreuses conditions. L’insécurité domine toujours.
En effet, des opérations militaires sont encore menées, surtout dans le sud, et les attaques rebelles contre les forces fédérales et les milices locales sont fréquentes. La population civile souffre énormément dans ce conflit où ils sont confrontés à de nombreuses violences.
Cette nouvelle aide financière permettra de fournir l’alimentation de base et supplémentaire aux 250 000 personnes les plus vulnérables dans ces trois républiques, surtout en Tchétchénie. Elle permettra également de financer les soins de santé primaires et ceux s’adressant aux mères et aux enfants, et de fournir un appui aux services de chirurgie, de traumatologie et de réhabilitation pour les blessés de guerre et les handicapés.
De même, ce soutien financier contribuera à assurer l’enseignement primaire et la formation professionnelle, ainsi que l’assistance psychologique aux personnes souffrant d’un traumatisme lié à la guerre, surtout parmi les enfants.
Il couvrira la distribution d’eau potable à Grozny (dont la population est estimée à environ 100 000 habitants) et l’amélioration des installations sanitaires. Il permettra également aux personnes déplacées en Ingouchie et au Daghestan d’avoir accès à des logements et à des infrastructures d’eau et sanitaires plus décents.
Comme toujours, l’apport de cette aide dépendra des conditions d’accès et de sécurité, qui restent extrêmement difficiles. Toutes les organisations d’aide humanitaire continuent à suivre à distance l’évolution de la situation en Tchétchénie, et donc sans la présence permanente de ressortissants étrangers.
Avril 2005