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imprimer cet article  Carnet de route de Nicolas Vanier : le départ de l’Odyssée Sibérienne

Le 6 décembre 2005
La base servait de camp d’entraînement aux chiens. Le départ se fera de l’autre côté du lac Baïkal, à Kultuk, là où l’Angara prend sa source. Nicolas a quitté la base par bateau, avec les chiens.

Base Nikola (c’est le plus grand des hasards) : au bord du lac Baîkal, là où l’Angara prend sa source. Ciel dégagé, air limpide. Il ne fait pas très froid, seulement - 10°, et grand soleil.

La base servait de camp d’entraînement aux chiens. Le départ se fera de l’autre côté du lac Baïkal, à Kultuk. Nicolas a quitté la base par bateau, avec les chiens. Est-ce l’appel du large qui fait aboyer les chiens de frénésie ?

Dès qu’il approche des chiens, c’est l’hystérie. Chacun veut une caresse, une attention particulière. Ils sentent l’imminence du départ. Québec s’est mis à chanter, plus qu’il n’aboie.

Il s’est bien remis de son round avec les chevaux sauvages ! Débarquement sur le plan de départ, les flammes du départ se dressent fièrement pour encourager Nicolas. Nicolas répond aux dernières interviews, équipé spécifiquement pour les grands froids ; sa chapka, retenue par sa lampe frontale, lui mange le front. Il semble fébrile. Le traîneau est fin prêt.

Les sauveteurs du MChS entourent Nicolas et l’encouragent. Ils aimeraient bien faire partie de l’expédition ! Le MChS intervient surtout dans les incendies de forêt de la région. En effet, beaucoup d’incendies sont criminels : les trafiquants de bois allument des feux de façon à ce que seuls les sommets des arbres s’enflamment, conservant les troncs qui restent ainsi bon pour la coupe. Et quand ces immenses territoires, inaccessibles à l’homme, partent en fumée, ce ne sont pas seulement les arbres qui meurent, mais aussi des animaux, en particulier des oiseaux. Rien n’arrrête les trafiquants, ils sont devenus sans pitié. Le général du MChS remet solennellement le grand drapeau de soie bleue, décoré de la rose des vents, symbole des pompiers et sauveteurs russes. « Qu’il vous protège, rapportez-le-nous jusqu’à Moscou, nous viendrons le chercher sur la Place Rouge ! »

Derniers autographes : la population bouriate est très présente, les enfants excités. Les représentants de la région remettent officiellement les écharpes aux couleurs d’azur et une magnifique femme en costume traditionnel coloré, d’inspiration asiatique, la lui noue autour du cou. On dirait des petits-enfants de Gengis Kahn, beaux et fiers. On lui offre un bol de thé, qu’il boira selon la coutume locale pour attirer sur lui la bienveillance des esprits.

Il y a seulement une très fine couche de neige, insuffisante pour permettre au traîneau de glisser sur la surface. Le départ se fera donc sur roulettes. La magie est rompue. Qu’importe ! C’est l’esprit de l’Odyssée qui va conduire Nicolas jusqu’à Moscou. Les chiens jappent d’impatience, les interviews et les discours ne les passionnent guère. Ils ont hâte de s’élancer. La voix du Maître discipline la meute et c’est parti !

Nicolas lève le bras en signe d’au revoir, un grand sourire aux lèvres et un frisson de tension dans les yeux. Il faut maintenant relever ce défi et gagner Moscou. Il traverse le village encouragé par habitants qui l’applaudissent depuis les portails des jardinets qui entourent ces jolies maisons de bois locales. Depuis Kultuk, Nicolas a progressé 2 jours sur des routes gelées, dangereuses pour les chiens, car la façon de conduire des automobilistes est aléatoire. Les chiens glissent plus qu’ils n’arrivent à courir sur cette mauvaise route, les roulettes adhèrent mal. Ils risquent de s’affoler et de partir dans tous les sens. Mais le musher veillle et maîtrise la situation.

A l’heure qu’il est, Nicolas vient d’enlever les roulettes du traîneau et glisse enfin sur une couche de neige agréable. Il a quitté les plateaux de Mondy depuis 50 km, et est à environ 130 km d’Orlic..

C’est l’heure de la friandise : une barre énergétique et ça repart. Il faut rejoindre une piste sur une rivière gelée pour atteindre Orlic. Les pisteurs l’ont testée, mais ils ont traversé plusieurs fois la trop fine couche de glace. Danger ! La température de l’eau est encore trop douce, bien qu’il fasse - 25° aujourd’hui. Après Orlic, les difficultés reprendront car même si la température atteint - 40°, il n’y a pas eu assez de neige. Nicolas prévoit d’arriver Orlic le 8 au soir.

Bonne chance, Nicolas Vanier !

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