Les Etats-Unis ont annoncé que le Kosovo serait indépendant
avant la fin du mois de mai. Serbes sont sur la défensive, face à des Kosovars qui sentent que leur indépendance est à portée de main...La proposition Ahtisaari n’est pas la Sainte Bible. Si le Kosovo devenait indépendant, cela ne ferait que créer des problèmes pour la stabilité des Balkans et d’autres régions.
Boris Tadic réaffirme que la Serbie n’acceptera jamais un Kosovo indépendant : "La Serbie est "prête à un compromis mais nous ne sommes pas prêts à abandonner une partie de notre intégrité et de notre identité".
Il a critiqué le plan élaboré par l’émissaire de l’ONU dans la région, Martti Ahtisaari, qui préconise une indépendance accompagnée par la communauté internationale pour le Kosovo. "La proposition Ahtisaari n’est pas la Sainte Bible. Si le Kosovo devenait indépendant, cela ne ferait que créer des problèmes pour la stabilité des Balkans et d’autres régions".
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est attaqué cette semaine au délicat problème du futur statut du Kosovo, les Etats-Unis et les grands pays européens soutenant fermement l’option de l’indépendance de la province, contrairement à la Russie, partisane du maintien au sein de la Serbie.
La division des membres permanents du Conseil de sécurité, titulaires du droit de veto, révèle la lutte ouverte pour trouver un accord sur le Kosovo.
Révélatrice des difficultés, une longue et houleuse discussion mardi matin a tenté de déterminer comment le président du Kosovo Fatmir Sejdiu et le président serbe Vojislav Kostunica s’adresseraient aux membres du Conseil.
Le représentant russe auprès des Nations unies, Vitaly Churkin, a insisté pour que Kostunica, en tant que représentant d’un Etat membre des Nations unies, s’adresse au Conseil lors d’une séance officielle dans la salle de réunion, tandis que Sejdiu, qui ne représente pas un Etat, parlerait aux membres du Conseil de manière informelle dans une simple salle de conférence - et c’est ce qui s’est effectivement passé.
Kostunica s’est empressé d’exprimer sa "satisfaction que le plan pour le futur statut du Kosovo proposé par le représentant spécial de l’ONU M. Ahtisaari n’ait pas été accepté par le Conseil de sécurité".
Si les Américains et les Européens sont favorables à un Kosovo indépendant, la Russie reste partisane du maintien au sein de la Serbie.
Le patriarche Paul de Serbie continue à espérer que la paix s’installera au Kosovo et en Métochie où les chrétiens orthodoxes "portent sur eux les plaies du Christ, en surmontant ainsi leurs persécuteurs". Le patriarche serbe espère que le temps viendra où "les agresseurs auront honte".
Le Kosovo, un des principaux symboles de l’histoire serbe et de la religion orthodoxe serbe
Cette région si controversée se trouve dans le sud de la Serbie et pendant des siècles fut la terre des Serbes. Appelée Kosova par les Albanais, pour les Serbes, elle est Kosmet, une ancienne dénomination née de la contraction de Kosovo, la terre des merles (Kos) et Metohija, propriété de l’église (metoh). 1300 églises et monastères, d’une rare beauté, témoignent du passage de religieux et d’artistes en provenance de Constantinople, à partir du IXe siècle. L’invasion ottomane, la présence de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie ont causé la fuite des Serbes en faveur de la minorité albanaise qui au fil du temps est devenue majorité.
Kosovo une bataille médiévale, symbole du nationalisme serbe
La bataille médiévale, symbole du nationalisme serbe, près de Pristina, à Kosovo Polje entre la Serbie et l’empire Ottoman, le 28 juin 1389.
Il a réaffirmé son opposition à l’indépendance du Kosovo, administré par l’ONU et qui doit recevoir cette année un nouveau statut. La bataille de Kosovo Polje, un des principaux symboles de l’histoire serbe et de la religion orthodoxe serbeLe 28 juin 1389, les troupes serbes du Prince Lazar ont été défaites par l’armée ottomane, commandée par le sultan Murad I à Kosovo Polje (le Champ des Merles), une plaine de 15 km de long au nord de l’actuelle capitale du Kosovo, Pristina.
Les récits fiables sur cette bataille sont rares dans la mesure où elle est surtout devenue le thème de nombreux poèmes épiques ou légendes serbes.
La bataille a également marqué le début de la domination ottomane sur la Serbie et l’ensemble des Balkans qui devait durer quelque 500 ans.Bien que les troupes de Lazar aient connu une défaite, la bataille de Kosovo Polje est glorifiée dans l’histoire serbe comme un exemple de combat héroïque et de sacrifice patriotique.Une ville baptisée Kosovo Polje, proche du champ de bataille, a par la suite été édifiée, peuplée en grande partie de Serbes alors que le Kosovo est majoritairement albanais.
Actuellement la ville est pratiquement désertée par les Serbes qui, craignant des représailles, ont quitté le Kosovo après des bombardements de l’Otan en 1999, alors que de nombreux Serbes considèrent le Kosovo comme le berceau de leur culture et de leur religion...
Cette bataille symbolise la volonté inébranlable des Serbes de ne pas abandonner le Kosovo, coeur de l’Etat et de la religion serbe !