Lorsqu’il y a deux semaines, l’ancienne éminence grise du Kremlin exilé à Londres, Boris Berezovski, avait déclaré lors d’une réunion de son parti Russie libérale, ’qu’une opposition communiste valait mieux que pas d’opposition du tout’, personne ne l’avait pris au sérieux.
Pourtant, quelques jours plus tard, Alexandre Prokhanov, rédacteur en chef du journal Zavtra et coprésident de l’Union des forces nationales patriotiques, fondée par le parti communiste, partait pour Londres.
Après deux jours d’entretien, le journal Zavtra publiait une interview de Boris Berezovski dans laquelle il annonçait qu’il entrait en collaboration avec les communistes et leur proposait son financement. Le leader du parti communiste, Guennadi Ziouganov, réfute toute collaboration, pourtant la plupart des observateurs assurent que le parti communiste acceptera tôt ou tard cette proposition de financement.
Le rapprochement de Boris Berezovski et du parti communiste a provoqué la scission de l’homme d’affaires avec son parti, le parti Russie libérale. La direction de ce dernier a annoncé qu’il ne pouvait en aucun cas collaborer avec les communistes et a décidé d’évincer Boris Berezovski de ses rangs. Selon les observateurs, l’homme d’affaires cherche par tous les moyens à élargir son soutien politique en Russie alors que son influence est de plus en plus remise en question. "Boris Berezosvki ne se calmera jamais. C’est le type de personne qui a besoin de la guerre au sens le plus direct, c’est un taliban russe" affirme le leader du parti libéral-démocrate, Vladimir Jirinovski.
Vremia Novosteï 9-10-02 ; Gazeta 10-10-02