Le ministre vient de rentrer de Moscou où il a terminé sa visite, quel bilan en faites-vous ? et pour détailler ma question, les positions de la France et de la Russie concernant l’Iraq et sur le conflit au proche-orient sont-elles identiques ou très proches ? Quelle est la position de la France sur Kaliningrad ? Y a-t-il du progrès concernant l’Education et la Recherche ?
"Je confirme effectivement que M. de Villepin et les deux ministres qui l’accompagnaient, Mme Haigneré et M. Ferry sont rentrés de cette visite à Moscou dans la nuit. Nous pourrons très prochainement vous transmettre tous les textes des déclarations de M. de Villepin. Cette visite a été un succès. Le Ministre français des Affaires étrangères a été reçu par les plus hautes autorités de Russie et a achevé son déplacement à Moscou par une audience chez le président Poutine. Il s’est également entretenu tout au long de la journée avec de très nombreux interlocuteurs russes parmi lesquels M. Igor Ivanov, le ministre des Affaires étrangères, avec lequel il a déjà eu de nombreux échanges. Il a rencontré M. Sergueï Ivanov, ministre de la Défense, il a eu l’occasion de rencontrer beaucoup de vos confrères de la presse russe, il s’est entretenu avec les milieux d’affaires russes et français opérant dans ce pays. Par ailleurs, les deux ministres qui l’accompagnaient ont tenu des réunions de travail avec leurs homologues respectifs. Tout cela a donné véritablement une nouvelle impulsion à la relation franco-russe. Cette visite a permis de conforter le dialogue que nous entretenons avec la Russie à tous les niveaux. C’était également une visite destinée à préparer la prochaine rencontre des présidents français et russe qui doit, en principe, intervenir d’ici la fin du mois de juillet en Russie. Le ministre, à l’occasion de ces entretiens, a pu faire passer un certain nombre de messages. Le premier d’entre eux, c’est le souhait de la France d’avoir pour partenaire une Russie forte. C’est aussi important pour les relations entre l’Union européenne et la Russie, c’est un élément important pour la stabilité et la sécurité du monde qui est le nôtre aujourd’hui. M. de Villepin a manifesté, et je crois qu’il a été parfaitement entendu par ses interlocuteurs russes, la détermination française d’entretenir et de développer un dialogue renforcé avec ce pays sur tous les sujets et en particulier, sur les grandes questions internationales. A cet égard, je signale que la création, annoncée et confirmée hier, d’un Conseil de coopération pour la sécurité franco-russe est un élément important de cette dynamique que nous voulons introduire dans notre dialogue avec la Russie. Le ministre a également manifesté auprès de ses interlocuteurs sa détermination à renforcer dans tous les domaines la relation bilatérale franco-russe. Il est important que les opérateurs économiques des deux pays fassent beaucoup plus qu’ils ne font actuellement. Il est important que nous puissions accueillir davantage d’étudiants russes en France. Il est important que, dans des domaines tels que ceux de la très haute technologie, de la conquête spatiale, deux pays comme la France et la Russie qui sont en pointe dans ces secteurs, puissent mener un travail en commun. La présence de Mme Haigneré illustrait tout à fait cette détermination française à aller de l’avant dans ces domaines. Il était effectivement important, sur les deux sujets que
vous évoquiez, M. de Villepin a eu l’occasion de s’exprimer très clairement là-dessus, les dossiers du Proche-Orient et de l’Iraq, que nous puissions, sur ces dossiers-là, mais également sur bien d’autres sujets de politique internationale, échanger nos points de vues, comparer nos analyses et constater que sur de très nombreux dossiers, nous avons des analyses très proches et le souhait de continuer à travailler ensemble sur ces questions. Pour la question de Kaliningrad, ce qu’il est important de retenir de cette visite, c’est l’évocation de cette question et la double prise de position du ministre en faveur, d’une part, de la circulation facile des ressortissants russes de Kaliningrad et d’un traitement pragmatique de cette question entre les Européens et les autorités russes. Il ne faut pas faire de cette question, selon nous, un point d’énervement entre les autorités russes et les responsables européens.
Il faut avoir une approche très pragmatique, dépassionnée, une approche qui vise à obtenir un résultat très concret, très pratique. C’est dans cet esprit que M. de Villepin s’en est entretenu avec ses interlocuteurs russes. Ce fut un voyage particulièrement important, réussi, et porteur d’avenir pour les relations entre la Russie et la France."
Concernant Kaliningrad, M. Poutine avait émis l’idée d’une solution comme à Berlin, en ont-ils parlé ?
"Il faut être animé de la volonté d’aborder ces questions avec pragmatisme et dans le but d’aboutir à un résultat. C’est cette position que nous travaillons avec nos partenaires européens. C’est le type de dossier qu’il faut aborder de manière très calme, avec la détermination à trouver une solution pratique. Je crois que c’est dans ce sens que les discussions se poursuivront entre Européens et russes."
Ceci avec l’idée que cela peut être possible d’ici à la fin de l’année ?
"Tout le monde est d’accord pour trouver une solution très vite, il faut une double volonté de travail en commun et d’imagination pour trouver une solution."