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imprimer cet article  Arctic Sea : les recherches s’intensifient, le mystère s’épaissit

Le président russe, Dmitri Medvedev, a chargé mercredi son ministre de la Défense, Anatoli Serdioukov, de tout mettre en oeuvre pour retrouver le cargo Arctic Sea et son équipage russe disparus en juillet dans l’Atlantique, a indiqué un porte-parole du Kremlin.

Les recherches du cargo Arctic Sea, dont on est sans nouvelles depuis deux semaines après son passage dans la Manche, se sont intensifiées mercredi, mais le mystère reste entier sur les circonstances de sa disparition : piraterie, règlement de comptes ou différend commercial.

Le président russe Dmitri Medvedev a ordonné de "prendre toutes les mesures nécessaires pour retrouver et, si besoin est, libérer" le cargo Arctic Sea et son équipage russe.

En plus des patrouilles effectuées par des bateaux, des équipements radars russes, y compris dans l’espace, participent maintenant aux recherches, a précisé de son côté un porte-parole du ministère de la Défense, cité par l’agence Interfax.

L’Arctic Sea, un cargo à équipage russe mais battant pavillon maltais, est porté disparu depuis fin juillet dans l’Atlantique, au large du Portugal Le navire, armé par la société finlandaise Sol Chart, est chargé d’une cargaison de bois finlandais estimée à un million de livres (1,16 million d’euros). Il a quitté la Finlande pour l’Algérie le 23 juillet. Sept jours plus tard, la police suédoise annonçait que le cargo avait été abordé le 24 juillet par des hommes masqués, alors qu’il se trouvait en mer Baltique. Ces hommes seraient restés à bord une douzaine d’heures. Le 3 août, Interpol lançait une alerte, évoquant également un abordage.

Il pourrait actuellement être aux mains de pirates, avaient déclaré mardi des gardes-côtes britanniques qui avaient parlé fin juillet à l’équipage du cargo.

Si cette information se confirmait, ce serait la première fois que des pirates opèreraient dans les eaux européennes, a indiqué l’Agence maritime et de gardes-côtes du Royaume-Uni (MCA). Des gardes-côtes s’étaient entretenus avec l’équipage de l’Arctic Sea, qui transporte 6.700 mètres cubes de bois et avait emprunté le 29 juillet le détroit de Douvres, dans la Manche, pour rejoindre le port algérien de Béjaïa.

Un porte-parole du MCA, Mark Clark, a indiqué à l’AFP que le cargo était aux mains de pirates lorsqu’il naviguait dans les eaux britanniques. L’Arctic Sea devait arriver le 4 août à Béjaïa. Selon un porte-parole de l’opérateur du navire, la société Solchart Arkhangelsk, le cargo a envoyé son dernier message le 1er août, selon l’agence RIA Novosti.

Entre-temps pourtant, les garde-côtes britanniques de Douvres (sud de l’Angleterre) étaient entrés en contact avec le navire, le 28 juillet. "Il ne semblait pas y avoir quoi que ce soit de suspect pendant ce contact. Il se peut très bien qu’un pirate ait menacé un membre d’équipage d’un pistolet sur la tête à ce moment-là, mais qui sait ?", a déclaré un porte-parole des garde-côtes britanniques, soulignant que si le piratage était avéré, il s’agirait d’un acte sans précédent dans les eaux européennes. Ce contact radio du 28 juillet était présumé être le dernier à avoir eu lieu avec le navire, mais la police suédoise a indiqué mercredi qu’elle était entrée en contact téléphonique avec le navire le 31 juillet, refusant de donner des détails.

Le cargo était attendu le 4 août à Béjaïa (Algérie). Il s’est signalé dans la nuit du 29 au 30 juillet lors du passage du "rail" d’Ouessant, au large des côtes nord-ouest françaises, selon le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Corsen, proche de Brest. L’Autorité maritime maltaise (MMA) a indiqué mercredi que le cargo "pourrait s’être dirigé vers la haute mer, dans l’Atlantique car il n’a pas traversé le détroit de Gibraltar".

Mais le mystère reste entier sur son sort. "S’il s’agit d’un acte criminel, il semble suivre un nouveau mode opératoire", a estimé Graeme Gibbon-Brooks, expert maritime, sur la chaîne britannique Sky news. "Il semble probable que le navire va se diriger vers la côte ouest de l’Afrique", a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il était courant que des cargos chargés de bois soient détournés et repeints après avoir été déchargés.

La thèse de la piraterie fait cependant douter certains experts. "Cela n’a pas l’air d’un acte classique de piraterie. Si c’était le cas, où est la rançon ?", s’interroge David Osler, expert auprès de la revue spécialisée Lloyds List. Le spécialiste évoque la possibilité d’une "affaire de stupéfiants qui a mal tourné" ou d’un vol de bateau : "Vous volez le navire, vous le repeignez et vous le revendez", a-t-il expliqué. "Mais le bateau a été construit en 1991. Qui se donnerait tout ce mal pour ça ?"

Nick Davis, qui dirige la société de sécurité maritime Merchant Maritime Warfare Centre, privilégie quant à lui l’hypothèse d’un "différend commercial". "Le cargo ne transporte pas de marchandise de grande valeur. Je soupçonne donc fortement un différend commercial avec son propriétaire", a-t-il déclaré sur radio BBC4.

Piraterie ou non, l’important n’est pas tellement là, estime cependant Marck Dickinson, secrétaire général du syndicat de marins Nautilus International. Le responsable souligne avant tout que, "au XXIe siècle, il est inquiétant qu’un navire puisse apparemment être aux mains de pirates et naviguer dans les eaux les plus fréquentées du monde sans que l’alerte soit donnée".

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