Mais le renoncement d’une des plus grandes compagnies européennes à une entente avec un partenaire russe risque de tendre sérieusement les relations entre la Russie et l’Union européenne à la veille du sommet du G8 attendu à la mi-juillet à Saint-Pétersbourg.
En faisant la cour à la fois à (Alexeï) Mordachov (le patron de Severstal) et à Mittal, la direction d’Arcelor a mené une opération brillante qui a fait monter la valeur finale de la transaction et forcé l’Indien résistant à payer plus et à accepter quelques compromis importants.
Le groupe sidérurgique européen Arcelor a rusé habilement en utilisant une proposition concurrente du Russe Severstal pour forcer Mittal Steel à améliorer son offre finalement acceptée dimanche soir.
En annonçant bruyamment une fusion possible avec Severstal, la direction d’Arcelor a en fait utilisé Mordachov comme un bélier dans le marchandage avec Lakshmi Mittal qui avait tenté une OPA hostile sur Arcelor.
Il est déjà évident que dans cette bataille pour la domination mondiale dans l’acier, l’industrie russe s’est fait remettre à sa place. Lakshmi Mittal a utilisé à fond le mythe de la "menace russe" et apparemment il a trouvé un terrain d’entente avec les Européens.
Le président Vladimir Poutine a à plusieurs reprises laissé entendre ouvertement que la position russe concernant les livraisons d’énergie à l’Europe dépendait directement du degré d’ouverture de l’économie européenne à l’égard des compagnies russes.