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imprimer cet article  Affaire de la major TNK-BP

L’enquête vise à ’brouiller l’image de Dmitri Medvedev dans le monde et à montrer que la lutte pour la présidence n’est pas encore terminée’, alors que le futur président, élu le 2 mars, doit entrer en fonction le 7 mai 2008.

La Russie s’interrogeait sur les dessous de l’affaire TNK-BP, groupe pétrolier dans le collimateur des services spéciaux russes.

Tout a commencé par de mystérieuses perquisitions au siège du groupe et dans les locaux moscovites de la major britannique BP, qui détient la moitié de son capital. Les ténèbres se sont encore épaissies lorsque le FSB a accusé deux Russo-Américains, dont un employé de TNK-BP, d’espionnage industriel au profit de compagnies étrangères.

La diplomatie russe s’est empressée d’affirmer que l’affaire, qui intervient dans un climat glacial entre la Russie et la Grande-Bretagne, "relève de la compétence de la justice et des forces de l’ordre" et "n’est pas liée à l’état actuel des relations russo-britanniques".

Mais cette déclaration ne semble pas de taille à faire refluer la marée de rumeurs qui déferle depuis trois semaines. Le quotidien Gazeta cite une source proche du Kremlin affirmant que l’enquête vise à "brouiller l’image de Dmitri Medvedev dans le monde et à montrer que la lutte pour la présidence n’est pas encore terminée", alors que le futur président, élu le 2 mars, doit entrer en fonction le 7 mai 2008.

De manière générale l’affaire TNK-BP va forcément faire ressurgir dans la mémoire des investisseurs les "craintes suscitées par l’entrée en force du gouvernement dans Sakhaline 2 aux dépens de Shell. Fin 2006, le géant semi-public Gazprom avait obtenu de prendre le contrôle de ce gigantesque projet pétrolier et gazier aux confins de la Russie après des mois de pression de Moscou.

Les autorités russes ne font pas mystère de leur volonté de reprendre en main les ressources naturelles du pays, souvent bradées lors de la période de chaos des années 90. Dans ce contexte, la composition de l’actionnariat de TNK-BP, troisième producteur pétrolier du pays, mais détenu à moitié par un groupe étranger, apparaît "clairement comme une exception à la règle du jeu énoncée par le Kremlin.

Gazprom d’ailleurs depuis longtemps veut mettre la main sur l’autre moitié de TNK-BP, détenue par des milliardaires russes. TNK-BP semble désormais sous forte pression pour conclure un accord avec Gazprom.

L’été dernier, TNK-BP avait déjà été contraint de céder à Gazprom la licence d’exploitation du gisement gazier de Kovykta, mais ce rachat n’est toujours pas parachevé, ce qui alimente les rumeurs sur une transaction plus large entre BP et Gazprom.

Mais les analystes russes soulignent toutefois que même le puissant Gazprom pourrait peiner à avaler TNK-BP, récemment évaluée par l’un de ses actionnaires, le milliardaire Viktor Vekselberg, à 60 milliards de dollars jugeant ce scénario peu probable, du moins à court terme :"Etant données l’ampleur de la dette de Gazprom, de la capitalisation de TNK-BP, de la (mauvaise) situation des marchés financiers (...), je ne vois pas comment cela pourrait être mis en oeuvre d’un point de vue pratique".

Historique :

L’affaire d’espionnage industriel impliquant un employé du groupe russo-britannique TNK-BP n’a rien à voir avec les relations tendues entre les deux pays, a déclaré vendredi le ministère russe des Affaires étrangères. "Cette affaire relève de la compétence de la justice et des forces de l’ordre et n’a rien à voir avec le travail du ministère. Elle n’est pas liée à l’état actuel des relations russo-britanniques", a déclaré le ministère cité par les agences Interfax et Itar-Tass.

Le FSB (ex-KGB) a annoncé que deux frères russo-américains, Ilia et Alexandre Zaslavski, qui ont tout deux étudié en Grande-Bretagne et dont l’un travaille chez TNK-BP, étaient soupçonnés d’espionnage industriel dans le secteur pétrogazier au profit de compagnies étrangères.

Le 19 mars 2008, des enquêteurs russes avaient fait une descente au siège de TNK-BP ainsi que dans des bureaux de la compagnie pétrolière britannique BP (qui détient 50% TNK-BP) à Moscou.

Ils ont alors saisi "des pièces à conviction" sur une activité d’espionnage industriel ainsi que "des cartes de visite d’institutions militaires étrangères et de la CIA", selon le FSB.

Les tensions russo-britanniques, nombreuses, ont culminé en 2006 avec l’assassinat à Londres d’un ancien agent du FSB, Alexandre Litvinenko, devenu un farouche adversaire du Kremlin.

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