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imprimer cet article  Acteurs clés de la scène politique ukrainienne

Il y a 7 ans, Brzezinski avait déjà indiqué dans son livre sur la stratégie américaine, l’importance de l’Ukraine sous ce rapport. Si l’Ukraine tombait, écrivait-il, cela réduirait fortement les options géopolitiques de la Russie : ’Sans l’Ukraine, la Russie est condamnée à une douloureuse descente dans l’insignifiance géopolitique et finalement peut-être même à la disparition’.

Voici les trois acteurs clé de la scène politique ukrainienne, qui se disputent le pouvoir depuis la Révolution orange de 2004 et espèrent chacun empocher la mise aux législatives anticipées.

- VIKTOR IANOUKOVITCH - LE PREMIER MINISTRE

Victor Ianoukovitch est né 9 juillet 1950 à Ienakievo dans la région de Donetsk, dans une famille ouvrière ukrainiénne. Il a fait ses études à l’Ecole Polytechnique de Donetsk.

Agé de 57 ans, M. Ianoukovitch, dont l’avenir politique semblait anéanti par son humiliant échec à la présidentielle de 2004, a réalisé un retour impressionnant en 2006, quand il est redevenu Premier ministre. Appuyé par de riches magnats industriels de l’est russophile du pays, cet ancien prisonnier condamné pour vol à l’époque soviétique, puis gouverneur de la région houillère de Donetsk aux manières carrées, a réussi depuis 2004 à polir son image grâce à l’aide des spécialistes américains de communication.

Ouvertement soutenu par Moscou lors de la présidentielle, il prône maintenant l’adhésion de l’Ukraine à Union européenne même s’il reste frileux à l’égard de son entrée dans l’Otan. Son parti pourrait obtenir entre 33% et 37% des voix.

- VIKTOR IOUCHTCHENKO - LE PRESIDENT

Iouchtchenko est né dans un village de l’oblast de Soumy. Il a étudié l’économie à Ternopil’ et ensuite a travaillé comme comptable rural dans l’oblast d’Ivano-Frankivsk.

M. Iouchtchenko, 53 ans, a retenu l’attention du monde entier en 2004 lorsque la révolution pacifique dite orange l’a porté au pouvoir.

Mais depuis le soulèvement de 2004, M. Iouchtchenko a vu sa popularité s’effondrer devant son incapacité de mettre fin au chaos politique et mener à bien la lutte contre la corruption et les réformes promises.

Viktor Iouchtchenko a célèbré sa victoire avec sa seconde épouse Katherine Clare Chumachenko, une Américaine d’origine ukrainienne. Sa femme est née à Chicago dans une famille d’immigrés ukrainiens déménagée dans les années 1950 aux USA.

Elle a travaillé pour le Département d’État (aux Droits de l’Homme et aux affaires ukrainiennes) mais aussi au Trésor américain. En 1991, Katherine Clare Chumachenko est envoyée en Ukraine comme co-fondatrice de la fondation Ukraine-USA.

En 1995, elle est chargée de mettre en place un voyage aux USA pour des banquiers ukrainiens. Viktor Iouchtchenko, président de la Banque nationale d’Ukraine, tombe sous son charme. Katherine Clare Chumachenko et Viktor Iouchtchenko ont eu trois enfants, tous deux citoyens américains, deux filles et un fils.

Sa rupture avec Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange qu’il a limogée du poste de Premier ministre après sept mois de service a été l’un des coups les plus durs pour les partisans des pro-occidentaux. En 2006, il a accepté la nomination à la tête du gouvernement de Ianoukovitch, suite au succès de ce dernier aux législatives 2006. Après des mois de cohabitation difficile, le chef de l’Etat a finalement prononcé, à la surprise générale, la dissolution du Parlement et convoqué des législatives anticipées.

La coalition présidentielle Notre Ukraine-Autodéfense populaire est créditée de 13% des voix pour le scrutin de dimanche.

- USA / SOROS, etc

L’ancien conseiller national à la sécurité des Etats-Unis, Zbigniew Brzezinski, publia en 1997 sous le titre « Le grand échiquier » un livre sur la stratégie américaine de la suprématie qui fit sensation. Par « échiquier », il entendait l’Eurasie, cette immense masse terrestre comprenant deux continents et abritant la plus grande partie de la population du globe.

La thèse fondamentale du livre est celle-ci : « Comment en particulier prévenir l’émergence d’une puissance eurasienne dominante qui viendrait s’opposer à eux ? Tels sont aujourd’hui les problèmes essentiels qui se posent aux Etats-Unis s’ils veulent conserver leur primauté sur le monde ». Brzezinski en tirait cette conclusion : « L’Eurasie demeure par conséquent l’échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté globale ».

Il est utile, quand on observe les événements des dernières semaines en Ukraine, de se remémorer ces lignes. Si un homme orienté vers l’Occident et lié aux Etats-Unis par de nombreux intérêts politiques et économiques comme Victor Iouchtchenko, parvient au pouvoir, les Etats-Unis occuperont une case d’importance stratégique et peut-être même décisive sur l’échiquier global de Brzezinski.

Il y a sept ans, Brzezinski avait déjà indiqué dans son livre mentionné plus haut, l’importance de l’Ukraine sous ce rapport. Si l’Ukraine tombait, écrivait-il, cela réduirait fortement les options géopolitiques de la Russie : « Sans l’Ukraine, la Russie est condamnée à une douloureuse descente dans l’insignifiance géopolitique et finalement peut-être même à la disparition ».

Tandis que la référence de Herbst à des élections « libres et justes » est une formule toute rhétorique, sa promesse de s’ingérer autant que faire se pouvait dans l’élection ukrainienne, était tout à fait crédible. Le gouvernement américain a, dans les deux dernières années seulement, dépensé plus de 65 millions de dollars afin d’aider l’opposition ukrainienne à accéder au pouvoir. C’est ce qu’ont confirmé des représentants du gouvernement ces derniers jours. Des millions de dollars provinrent aussi d’instituts privés, comme la Fondation Soros et de gouvernements européens.

Outre l’exercice d’une influence générale sur les élections, cet argent sert aussi à corrompre. Même si l’on exclut une corruption directe, ces sommes ont, dans un pays où le salaire mensuel moyen se situe entre 30 et 100 dollars, un effet corrupteur. Ceux qui ont accès aux moyens financiers de l’opposition montent dans la société. Iouchtchenko lui-même en profite. Il siège au conseil d’administration de l’International Center of Policy Studies, un comité d’experts qui est financé par de l’argent provenant du gouvernement américain. / Peter Schwarz

- IOULIA TIMOCHENKO - Grigoryanitz

Ioulia Timochenko (de son vrai nom Grigoryanitz) est née à Dnepropetrovsk dans une famille juive lettone.

Figure de proue de la Révolution orange, populiste et populaire, Ioulia Timochenko, 46 ans, s’est réconciliée avec M. Iouchtchenko avant les législatives anticipées après une rupture spectaculaire en 2005. Premier ministre entre février et septembre 2005, limogée sur fond de luttes de clan, elle ambitionne de reprendre ce poste en cas de victoire des forces pro-occidentales.

Chef d’un bloc portant son nom (17%-23% des intentions de vote), elle est très critique à l’égard du gouvernement de Ianoukovitch, qu’elle accuse de corruption.

Ancienne patronne d’une société énergétique accusée elle-même de corruption dans le passé, Ioulia Timochenko est née dans le centre-est russophone et plutôt russophile mais son énergie éclatante lui a valu le soutien de l’ouest nationaliste.

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