Les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Viktor Iouchtchenko annoncent un accord de principe sur la crise gazière qui opposait deux pays. Les propositions faites par les partenaires ukrainiens arrangent Gazprom. M. Iouchtchenko a confirmé que la dette pour 2007 serait remboursée à partir de jeudi.
Gazprom menaçait de cesser ses livraisons de gaz russe, soit un quart du total livré actuellement à l’Ukraine par le groupe. Le reste, en provenance d’Asie centrale, n’était pas concerné par l’ultimatum. L’annonce est tombée à 18H00 (15H00 GMT), heure à laquelle Gazprom avait prévu de réduire d’un quart son approvisionnement à l’Ukraine si celle-ci n’honorait pas des arriérés de dette d’un milliard et demi de dollars. La compagnie russe s’était dès le début de la crise, jeudi, engagée à ce que l’approvisionnement de ses clients occidentaux ne soit pas affecté.
La Russie et l’Ukraine n’en sont pas à leur première crise gazière : la plus aiguë les a opposées en janvier 2006, provoquant une brève interruption des livraisons vers l’Union européenne. Environ 80% du gaz russe consommé par les Européens transite par l’Ukraine et 20% par le Bélarus.
Sur le point le plus épineux du dossier, la demande de Kiev de supprimer un intermédiaire controversé dans les livraisons de Gazprom à l’Ukraine, RosUkrEnergo, un accord a aussi été trouvé.
Le dirigeant de Gazprom Alexeï Miller a annoncé dans la soirée que cet intermédiaire serait remplacé par une structure plus transparente, détenue à parts égales par Gazprom et le groupe public ukrainien Naftogaz.
Les deux présidents, dont les relations ont souvent été tendues en raison des aspirations pro-occidentales de M. Iouchtchenko, arrivé au pouvoir en 2004 à la faveur de la Révolution orange, ont paru jouer globalement la carte de la conciliation.
M. Poutine, très irrité par le projet de bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, a toutefois mis l’Ukraine en garde contre la tentation de s’y joindre ou d’accueillir des bases de l’Otan sur son territoire.