La nation arménienne saura affirmer sans faille durant des siècles sa foi orthodoxe, en dépit des aléas de l’histoire tourmentée des hautes plaines du Caucase, tour à tour dominées par les Byzantins, les Sassanides, les
Arabes, les Mongols, l’Empire ottoman et la Perse.
ARMENIA SACRA Musée du Louvre
Le Musée du Louvre, pour la première fois de son histoire, présente une exposition entièrement consacrée à l’art arménien qui tente, à travers un choix d’oeuvres uniques, de rendre compte de la spécificité et de l’éclat de l’art chrétien des Arméniens, depuis leur conversion au début du IVe siècle jusqu’à l’aube du XIXe siècle.
C’est aussi la première fois qu’un grand nombre de sculptures monumentales provenant des sites les plus importants d’Arménie accompagne les chefs-d’oeuvre emblématiques de l’enluminure et des arts somptuaires. Ce sont non seulement des stèles, des chapiteaux et d’impressionnants fragments d’architecture, mais également plus d’une trentaine de khatchkars, les grandes dalles monolithes de pierre ornées de croix qui peuplent aujourd’hui les paysages d’Arménie. Installé par saint Grégoire l’illuminateur aux marges de Rome et du royaume perse, au pied du mont Ararat, le christianisme
arménien adopte au début du Ve siècle un nouvel alphabet,
révélé par Dieu au moine Mesrop Machtots, et conquiert son
indépendance spirituelle pour devenir, dès le VIe
siècle, le véritable ciment identitaire d’une nation.
La nation arménienne saura affirmer sans faille durant des siècles sa foi, en dépit des aléas de l’histoire tourmentée des hautes plaines du Caucase, tour à tour dominées par les Byzantins, les Sassanides, les
Arabes, les Mongols, l’Empire ottoman et la Perse.
L’art sacré des Arméniens, à l’origine tributaire du fond méditerranéen commun à tous les arts chrétiens, devient lui aussi rapidement autonome. Il ne s’interdit par pour autant de s’enrichir continuellement, parfois de manière inattendue, au contact des diverses civilisations qui se succèdent au Proche-Orient et s’ouvre même sur l’Europe gothique à l’époque des croisades. Paradoxalement, ce sont peut-être ces confrontations multiples qui, loin de ruiner les canons religieux définis dans les premiers siècles, ont très largement contribué à donner à l’art des Arméniens sa véritable identité et fait toute sa grandeur.
Principaux prêteurs : Musée National d’Histoire d’Erevan,
musées du Catholicossat d’Etchmiadzine.
17 Février - 15 mai 2007
Musée du Louvre - PARIS
(Salle de la Melpomène et Fossés du Louvre médiéval)
Entrée par la cour Napoléon, 75001 Paris