A la veille du sommet russo-américain à Ljubljana en Slovénie, le journal Vlast s’interroge : ’Qu’attendent aujourd’hui les Etats-Unis de la Russie et quelles peuvent être leurs relations ?’.
L’hebdomadaire rappelle que les Républicains sont arrivés au pouvoir avec la ferme conviction que l’équipe Clinton avait consacré une attention trop soutenue à la Russie, une attention sans commune mesure avec le poids réel de la Russie dans les affaires internationales. La nouvelle administration, délivrée de toutes obligations, a entrepris de démonter les anciennes structures de la collaboration russo-américaine. " Avec une franchise frisant le cynisme, la Maison blanche a expliqué qu’elle n’avait plus l’intention de prendre en compte l’opinion de Moscou et que la Russie n’y pourrait rien puisque son poids politique était dorénavant insuffisant pour contrarier les plans américains " écrit le journal Vlast. Cependant lorsque Washington a tenté de mettre en place son idée d’un monde unipolaire, sa vulnérabilité a été mise à jour. Son projet de bouclier anti-missile a été mal accueilli non seulement à Moscou mais également par les Etats européens auprès desquels le pouvoir américain a dû engager une véritable campagne pour gagner leur confiance. De plus, la nouvelle administration Bush s’est aperçue que dans le contexte du refroidissement de ses relations avec Moscou et de sa volonté d’apparaître comme la seule grande puissance, les pays européens, dans un souci d’équilibre, ont renouvelé d’attention pour Moscou. " Après les cinq premiers mois passés au pouvoir, la nouvelle administration américaine s’est rendue compte que sa politique envers Moscou aboutissait aux résultats contraires aux objectifs visés. En décidant de rayer la Russie des jeux géopolitiques, l’administration américaine a aidé cette dernière à retrouver un rôle clé dans les Affaires internationales, ce qui a été prouvé une nouvelle fois dans le conflit israélo-palestinien où, jouant sur les erreurs diplomatiques américaines, la Russie a acquis un rôle d’arbitre incontestable aux yeux des deux parties en conflit " écrit le journal Vlast. Il est maintenant devenu évident que Washington ne peut, sans Moscou, faire avancer ses intérêts en Europe, en Asie, au Moyen-Orient sans parler des Etats de la CEI conclut l’hebdomadaire.
Vlast 12-06-01