Du 4 au 11 février 1945, dans la petite ville de Livadia, à 3 km au sud de Yalta, dans le palais construit par Nicolas II, Staline, Roosevelt et Churchill, se retrouvent pour préparer la paix alors que la défaite de l’Allemagne semblait certaine. La France ne participe pas à la conférence.
Les décisions :
la frontière de l’URSS à l’ouest suive la « ligne Curzon », c’est-à-dire qu’elle conserve les territoires polonais et les pays baltes, annexés en 1940 grâce au pacte germano-soviétique et aux accords Ribbentrop-Molotov.
l’URSS garde des territoires en Asie : contrôle des chemins de fer de Mandchourie, base de Port-Arthur, sud de Sakhaline, îles Kouriles.
la formation de gouvernements démocratiques en Pologne et en Yougoslavie.
la démilitarisation et la « dénazification » de l’Allemagne.
la création de l’ONU, avec droit de veto dévolu aux puissances victorieuses de la guerre.
l’URSS reçoit trois sièges à la future ONU(URSS, Biélorussie, Ukraine).
EXTRAIT DU COMMUNIQUE FINAL DE LA CONFERENCE DE YALTA, 11 Février 1945
" Nous nous sommes mis d’accord sur la politique commune et les plans communs à adopter pour assurer l’exécution des termes de la capitulation allemande, après que la résistance de l’armée allemande aura été définitivement écrasée. Les plans adoptés prévoient que chacune des trois puissances occupera avec ses forces armées une zone séparée en Allemagne. Il a été en outre convenu que la France serait invitée par les trois puissances, si elle le désire, à occuper une zone et à faire partie de la commission de contrôle comme quatrième membre. Notre dessein inflexible est de détruire le militarisme allemand et le nazisme. Nous sommes décidés à désarmer et à dissoudre toutes les forces armées allemandes (...) à traduire en justice tous les criminels de guerre et à les châtier rapidement...
Nous sommes résolus à créer avec nos alliés aussitôt que possible une organisation internationale générale pour la sauvegarde de la paix et de la sécurité. Nous croyons qu’une telle organisation est essentielle pour empêcher de nouvelles agressions et éliminer les causes politiques, économiques et sociales des guerres au moyen d’une collaboration étroite et permanente de tous les peuples pacifiques. Nous avons convenu de convoquer le 25 avril 1945, à San Francisco une conférence des Nations unies qui établira sur la base des entretiens officieux de Dumbarton Oaks la charte de l’organisation.
Nous avons rédigé et signé une déclaration commune sur l’Europe libérée. Elle a la teneur suivante : (...) Le rétablissement de l’ordre en Europe et la reconstruction de la vie économique nationale devront être réalisés par des méthodes qui permettront aux peuples libérés d’effacer les derniers vestiges du nazisme et du fascisme et de se donner les institutions démocratiques de leur propre choix. Ce sont les principes de la Charte de l’Atlantique ; droit de tous les peuples à choisir la forme du gouvernement sous lequel ils veulent vivre restauration des droits souverains et auto-gouvernement au profit des peuples qui en ont été privés par les puissances d’agression (...).
La complète libération de la Pologne par l’Armée rouge a créé dans ce pays une situation nouvelle. Cette situation exige l’établissement d’un nouveau gouvernement Provisoire polonais (...) [On] y inclura des chefs démocrates choisis parmi les Polonais qui se trouvent en Pologne ou même à l’étranger. (...) Ce gouvernement provisoire Polonais d’unité nationale s’engagera à procéder à des élections libres et sans entraves aussitôt que possible, sur la base du suffrage universel et du scrutin secret. Tous les partis démocrates et anti-nazis auront le droit de participer à ces élections."