L’édition russe est en plein essor avec un choix de livres russes qui s’est considérablement élargi : elle ’colle’ à la demande d’un public cultivé mais dont le pouvoir d’achat reste faible. Les tirages ne dépassent donc pas 5 000 exemplaires pour les livres traduits.
Selon une récente enquête de marché, un lecteur sur sept affirme avoir lu un des auteurs - vedettes russes. Alexandra Marinina et Darja Dontsova, en polars, Nick Perumov en science-fiction, ou encore Tatiana Tolstaya en fiction sont parmi les noms les plus cités. Pour certains, la renommée s’étend au-delà de la seule Russie. Alexandra Marinina est traduite en 20 langues et Darja Dontsova a été publié avec bonheur dans 6 pays européens.
Lire Marinina, Dontsova... en français
En matière d’achat de droits, les demandes russes sont fortes dans les domaines de la littérature, des sciences humaines -histoire, philosophie, religion-, et des livres de jeunesse et bandes dessinées. Elles sont soutenues par le travail du bureau du livre français dans le cadre du programme Pouchkine.
Par ailleurs, les efforts fournis pour le développement du français en Russie (1 Lycée français, 6 Alliances et la multiplication des classes de français dans l’enseignement local) alliés à l’essor du marché régional devraient permettre un accroissement, déjà perceptible des exportations françaises (CA 2003 : 1.998.000 € soit +25% par rapport à 2002 ; CA 2002 : 1.598.000 €).
En matière de cessions de droits sur les deux années 2002-2003 (413 contrats au total), 38 éditeurs français ont signé de 1 à plus de 100 contrats avec des éditeurs russes. Les PUF caracolent en tête avec 109 contrats, viennent ensuite Gallimard avec 66 contrats, Albin Michel avec 38 contrats, Grasset et Fasquelle, Flammarion (entre 30 et 20 contrats), Fayard, Plon-Perrin, Denoël, Seuil, Robert Laffont-Seghers-Julliard, Minuit, Dunod, Gallimard Jeunesse, Jean-Claude Lattès, Presses-Solar-Belfond, les Belles Lettres (entre 10 et 20 contrats), Hachette littératures, OCDE/OECD, Nathan-Syros, Stock, Actes Sud, Calmann-Lévy, Armand Colin-Nathan Université, (entre 5 et 10 contrats), La Découverte, Béatitudes, Hachette Illustrated, Desclée de Brouwer, Éditions d’Organisation/Éditions Eyrolles, Odile Jacob (entre 2 et 5 contrats), une dizaine d’éditeurs ont signé un seul contrat.
Selon les statistiques portant sur les achats, on dénombre pour les années cumulées 2003-2004 une dizaine d’éditeurs à avoir acheté les droits de traduction en français d’ouvrages en langue russe : Albin Michel, Seuil, Gallimard, Fayard, Presses-Solar-Befond, Actes sud, Liana Levi, Stock, XO/Oh !, Robert Laffont-Seghers-Julliard.
Travaillent dans les deux sens : Gallimard, Fayard, Seuil, Robert Laffont-Seghers-Julliard, Presses-Solar-Befond, Stock, Actes Sud, Albin Michel.
Si l’on regarde l’évolution sur les 4 dernières années (celles où le marché russe s’est le plus ouvert) : 174 titres cédés, 6 titres acquis en 2000, 185 titres cédés, 21 titres acquis en 2001, 224 titres cédés, 48 titres acquis en 2002, 191 titres cédés, 17 titres acquis en 2003, il apparaît que ces échanges ont marché d’un pas mesuré après un accroissement important des cessions en 1999, avec 104 titres cédés.
Comme le remarque Jean Mattern, président de la Commission internationale du SNE, alors que « parmi les dix premiers pays acheteurs de droits français aucun n’est en baisse, seule la Russie, qui arrive en onzième position a acheté moins de titres français en 2003 ». Par rapport aux autres pays de l’Europe centrale et orientale, en 2003 la Russie venait en 2e place pour les titres cédés, entre la Roumanie (212) et avant la Pologne (181) et la République tchèque (137).
Des chiffres qui peuvent étonner par rapport à ce gigantesque pays (17 000 000 km2) dont la population de 144 500 000 habitants le met à la 7e place de la population mondiale. Concernant les achats de traductions du russe vers le français, la baisse enregistrée du nombre de titres - de 48 titres en 2002 à 17 titres en 2003 - est difficile à interpréter, surtout en regard de l’effet habituel de l’invitation d’honneur au Salon du livre 2005 à Paris, généralement précédée d’une dynamique des traductions. De toute évidence, les acheteurs de droits répondent moins aux questionnaires sur les statistiques, le nombre de titres achetés par les éditeurs français pour une traduction du russe vers le français sont sous-estimés. Cela apparaît d’ailleurs si on les rapproche des listes de titres aidés en intraduction par le CNL ou du nombre de titres recensés au Dépot légal de la Bibliothèque nationale de France (BNF)*.
Exposants de l’année précédente : 3 000